Une danseuse finistérienne à Chicago : Casse Noisette

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une danseuse finistérienne à Chicago Casse Noisette

Découvrez la suite de la vie d’une danseuse finistérienne à Chicago.

Une danseuse finistérienne à Chicago : Casse Noisette

Le tourbillon Casse Noisette a débarqué. Les « sneak peek » ont déjà eu lieu, les prospectus ont déjà tous été distribués.

C’est alors que se tient la prise de possession du théâtre. Je suis dans le métro, la tête  pleine de rêves, d’envies et d’appréhension, le sac chargé de babioles : maquillage, matériel de coiffure, collants, pointes ; en un mot de quoi contribuer au succès des représentations.

Et puis je découvre ma loge, dans ce vieux théâtre américain, où je vais vivre les prémisses de mon rêve d’enfant : danser dans une production de Casse Noisette.
Dans ma loge j’ai retrouvé de très bonnes amies : Madeline, Chloé, Kayla, Emily, Povi, entre autres.

Je m’installe, je me prépare brièvement devant les néons et le miroir. On papote, on écoute de la musique, histoire de lâcher un peu la pression avant le début d’un long périple sur la scène.

Il est très tôt, peut être 8h du matin, et la classe d’échauffement va bientôt commencer. J’essaie de prendre mes marques, sans trop me fatiguer, car la journée, si ce n’est les deux prochaines semaines, vont être éprouvantes. Je tremble un peu, le noir de la salle, le rouge des fauteuils, les lumières de la scène m’étourdissent un peu. Je mettrai un peu de temps à prendre mes marques, mais ce qui compte c’est d’accomplir ce pourquoi toute la Studio Company a travaillé dur pendant de nombreuses semaines. Il n’y a pas d’état d’âme qui tienne ; Show must go on.

une danseuse finistérienne à Chicago Casse Noisetteune danseuse finistérienne à Chicago : Répétition générale

La première journée de répétition générale n’est pas fameuse pour moi, le bustier d’un de mes costumes craque 5 minutes avant d’entre en scène, de quoi créer une jolie panique. Mais c’est la folie Casse Noisette. Et Show must go on. Alors je danse, je monte sur scène, je fais de mon mieux, en attendant un lendemain moins éprouvant.
Ce lendemain moins éprouvant arrive, c’est le premier jour de spectacle. Un vendredi 13.
Même routine que la veille, cours d’échauffement, puis maquillage, coiffure. On revêt les
costumes. Nous faisons salle comble ce soir là. Le spectacle commence, l’adrénaline monte un peu.

Casse Noisette, c’est l’histoire d’une petite fille, Marie (dans d’autres versions elle se prénomme Clara) qui reçoit de son oncle Drosselmeir, étonnant magicien, un soldat qui casse noisette. C’est le soir de Noël, la fête dans cette maison bourgeoise bat son plein. Et puis arrive le moment où terrassé par la fatigue, les invités se retirent, et Marie s’endort.
C’est alors que la maison est envahie par une armée de rat, que le casse noisette et quelques soldats de plomb combattent. Le roi des rats est vaincu, et le casse noisette emmène Marie dans un univers merveilleux, où se mêlent flocons de neige et sucreries : chocolat d’Espagne, café du Moyen Orient, thé de Chine, accompagnés de singuliers russes, fleurs et mirlitons. Et puis, bien sûr, l’iconique Fée Dragée s’ajoute au tableau. Marie, finalement, se réveille. Son rêve merveilleux a fait rêvé un large public.

Et il a fait rêvé les artistes qui ont dansé : les rats, les soldats, les flocons, les danseurs
espagnols, orientaux, chinois, russes etc. tous saluent sous les tonnerres d’applaudissements, deux semaines durant.

 Spectacle après spectacle

J’ai eu l’occasion d’être un rat, un soldat, un flocon, une espagnole, un mirliton, une fleur. Une fois chaque spectacle fini, dans ma loge, je me remémore tous ces instants de grâce passés en scène, aux côtés de mes amis, alter egos, « collègues », et je me dis que spectacle après spectacle, nous grandissons ensemble, nous créons des liens et faisons rêver le public venu nous voir. Un public qui, pour la grande majorité, nous est inconnu. Ils sont simplement venus se divertir le temps d’une soirée, ou ont tenu à offrir un cadeau inoubliable à leurs enfants, qui a leur tour, voudront peut être rejoindre l’univers fabuleux de la danse.

L’émotion est à son comble lors de notre dernière représentation. Dernier échauffement sur
scène, qui se passe formidablement bien (il s’agit toujours de progresser techniquement), dernière session maquillage, coiffure, derniers enfilages de costumes. Et dans la salle, ma famille venue me rendre visite, impatiente de me voir monter sur scène, de m’admirer au côté d’autres danseurs. Nous partageons tous la scène une dernière fois avant un long moment de travail qui s’avérera fastidieux, pourtant non moins épanouissant.

Salle comble une seconde fois, applaudissements, le rideau tombe. Tout le monde s’embrasse, se serre dans les bras, fiers de cette cuvée Casse Noisette 2019.

Cela marque la fin du premier semestre. Mes progrès ont été remarqués de mes parents et de mes professeurs. Après 10 jours de vacances, nous nous remettrons au travail, avec pour objectif la préparation de notre spectacle de printemps. Une expérience qui s’annonce elle aussi très enrichissante. La visite de ma famille m’a qui plus est emplie le coeur de bonheur et de motivation.

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