La CAE (Coopérative d’Activité et d’Emploi) : un moyen de tester la viabilité de son entreprise

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Vous avez envie de créer votre entreprise mais vous ne savez pas par où commencer ou vous avez peur de vous lancer ? La CAE (Coopérative d’Activité et d’Emploi) est une solution souple pour accompagner et former les porteurs de projets en toute sécurité. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce type de structure.

Une Coopérative d’Activité et d’Emploi, c’est quoi ?

Issues de l’économie sociale et solidaire 1, les coopératives d’activité et d’emploi 2 sont constituées sous la forme de scop ou de scic. Une CAE accueille des porteurs de projets ou « d’activité » afin de leur permettre de tester la viabilité de leur(s) activité(s), et si possible, de la transformer en « emploi ». Un créateur d’activité pourra alors devenir entrepreneur salarié.

Pour ce faire, le porteur de projet bénéficie du statut protecteur de la CAE, qui l’héberge sur le plan juridique, fiscal, social et comptable. Puisque la CAE est une sorte de couveuse d’entreprises, elle vous évite dans un premier temps de vous lancer dans des démarches de création. Chaque entrepreneur dispose du même numéro de SIRET et du numéro de formateur de la CAE (si ses compétences le permettent).

Dans le Finistère, la CAE 29 est un regroupement de 4 coopératives sous une même enseigne, avec des locaux à Quimper et à Brest. Elle accueille de nombreux entrepreneurs avec des métiers très variés : des prestations de services ou des activités de production et de négoce (Chrysalide), des activités de services à la personne (Coop domi ouest), des métiers dits « artistiques » (audiovisuel, édition, arts plastiques et graphiques, design, spectacle vivant (Artenréel), et enfin, des métiers du bâtiment (Penn ar Bat).

Quels sont les avantages de la CAE ?

Intégrer une CAE permet de ne pas être isolé dans votre démarche entrepreneuriale et de la sécuriser.

Vous pouvez tester votre activité

Le fait de dépendre administrativement de la CAE simplifie vos démarches, et limite les risques et les coûts liés à la création d’entreprise (dépôt de marque, immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés, Registre des Métiers etc.). Avant de vous salarier, vous constituez une trésorerie et commencez à développer votre clientèle et votre chiffre d’affaires. Puis, vous établissez un prévisionnel qui vous permettra d’anticiper et d’avoir une visibilité à moyen terme sur l’évolution de votre activité. De plus, vous pouvez déduire une partie de vos frais de fonctionnement et vos déplacements. La CAE vous permet donc de tester votre activité en toute sécurité.

Une fois que vous avez constitué votre trésorerie, soit l’équivalent de 2 mois et demi du salaire que vous souhaitez, vous pouvez vous salarier. Le montant de votre salaire dépend du chiffre d’affaires que vous réalisez et de la somme que vous désirez vous verser.
Vous pouvez alors signer un CDI avec la CAE. Notez que tant que vous n’êtes pas salarié, vous pouvez continuer à percevoir vos allocations chômage, si vous êtes indemnisé.

Vous bénéficiez d’un accompagnement

En intégrant une CAE, vous êtes suivi par un conseiller au cours d’entretiens individuels dont la périodicité est définie en fonction de l’avancée de votre projet et de vos objectifs.
Autre avantage : vous pouvez suivre des formations en comptabilité, gestion, communication-marketing, création ou reprise d’entreprise.

Vous évoluez au sein d’un réseau

Vous faites partie d’un réseau d’entrepreneurs que vous pouvez solliciter, notamment pour des mises en relation, des sous-traitances, ou pour répondre à un appel d’offres en commun. Mais ne comptez pas trop faire des affaires entre entrepreneurs : la plupart démarrent aussi et certains sont dans le même secteur d’activités que le vôtre.

Si vous êtes formateur, vous avez aussi la possibilité de vous faire référencer dans le catalogue de formation de votre CAE, de manière à accroître votre visibilité. Cela représente un réel atout puisque cela vous évite également le coût et les contraintes d’une démarche de certification.

Quel est votre statut au sein de la CAE ?

Selon l’étape à laquelle vous vous situez dans votre parcours au sein de la CAE, votre statut évolue.

Comment démarrer dans la CAE ?

Dans un premier temps, vous signez un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE). Les bénéficiaires concernés par le contrat CAPE sont les salariés à temps partiel, les demandeurs d’emploi et les dirigeants associés uniques d’une EURL ou SASU. Ce contrat, renouvelable 2 fois, a une durée maximale de 12 mois. Attention, ce contrat n’est pas un contrat de travail. Vous gardez votre statut actuel. Si vous êtes demandeur d’emploi, vous conservez vos droits. Vous êtes assimilé à un salarié, sans en être réellement un. Cela vous permet de bénéficier de la protection sociale de la CAE.

Quand signer un CDI ?

Lorsque votre chiffre d’affaires le permet, vous pouvez signer un CDI avec la CAE. C’est la coopérative qui s’occupe de la gestion de la paie, du reversement de la TVA collectée, moyennant un pourcentage de contribution plus ou moins élevé (environ 13%). En pratique, vous êtes votre propre patron, mais c’est la CAE qui vous salarie, en fonction de la marge que vous réalisez.

Que se passe-t-il au bout de 3 ans ?

Ce CDI peut avoir néanmoins une durée limitée dans le temps. À l’issue d’une période de 3 ans au sein de la CAE, vous avez 2 possibilités : soit vous devenez entrepreneur associé moyennant l’acquisition de parts sociales, soit vous quittez la CAE pour voler de vos propres ailes.
Vous pouvez également quitter la CAE à tout moment pour vous salarier, via une société de portage salarial, ou alors pour créer votre propre entreprise (EURL, SARL etc.). Tout dépend de la nature de votre activité et de vos objectifs d’évolution.

1 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000029313296&dateTexte=20200331
2 Le décret du 27 octobre 2015 précise les modalités d’organisation et de fonctionnement des CAE.