Horizons Open Sea Festival : un festival engagé pour l’environnement

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Au départ, il s’agissait uniquement d’un événement annuel. De fil en aiguille ; grâce à l’engouement apporté, Horizons Open Sea devient un festival à part entière. Cette année, le festival fête sa 3ème édition. Finistère 2.9 a rencontré Eliott, membre de l’association.

En quoi consiste ce festival ?

Le festival Horizons Open Sea existe depuis 2017 et est co-organisé par deux associations qui ont combiné leurs compétences. L’édition 2017 fut un succès. Un succès, et des ambitions qui ont commencé à grandir rapidement puisque ce projet innovant s’implante sur un territoire qui n’avait jamais connu de festivals multi-genres. En effet, le festival propose de la musique électronique dans un univers transgenre. Musique traditionnelle, orientale, africaine se mêlent à la programmation. Le festival se veut assez familial et ouvert pour permettre autant aux familles, qu’aux plus jeunes et plus âgés d’y trouver leur intérêt au niveau programmation, accessibilité et satisfaction.

Horizons Open Sea ?  

« Ouvert sur la mer, c’est tout simplement l’identité même du festival ! »

Un aspect majeur du festival est la part importante que nous accordons à l’écologie. La problématique environnementale est devenue très prégnante cette année : si l’on veut que ce festival perdure, il faut prendre en compte la protection de l’environnement. Nos actions se dirigent vers le milieu marin étant donné que l’on se trouve sur une côte : les Abers ; lieu à préserver, exceptionnel pour sa biodiversité. L’enjeu majeur est de réussir à s’implanter de manière durable sur le territoire des Abers.

Que faites-vous pour limiter votre impact environnemental ?

Tout d’abord, pour la restauration, nous faisons le choix des circuits courts au niveau des producteurs locaux. C’est une véritable volonté de notre part de faire appel à des producteurs et acteurs locaux qui nous fournissent leurs produits. Par exemple, nous proposons aux festivaliers des huîtres cultivées à côté de l’Ile Vierge. Nous serons également fournis en pomme de terre, en oignons et plusieurs autres aliments produits aux alentours. La nourriture n’est pas forcément bio mais le circuit court permet d’éviter les transports d’alimentation. Par la suite, tous les déchets de restauration sont conservés pour faire de la permaculture ou du compost.

Egalement, nous menons des actions au niveau de notre implication dans le retraitement des déchets, dans l’utilisation des matières déjà existantes notamment avec la scénographie. Un pôle prévention sera mis en place autour de l’éco-responsabilité pour sensibiliser les gens à la cause environnementale.

« Nous travaillons main dans la main avec les institutions, les mairies, les acteurs locaux pour faire en sorte que ce festival soit durable avec une implication locale. »

Quelles activités mettez-vous en place sur le festival pour sensibiliser les gens à l’environnement ?

On propose une « écozone » dédiée à la sensibilisation des personnes à la protection de l’environnement. L’écozone sera physique ; c’est-à-dire qu’il y aura toute une scénographie avec des stands d’artistes pour mettre en lumière tout ce que l’on peut faire au niveau de la revalorisation des matières. Il y a aura notamment une artiste qui retraite les écailles de poissons pour en faire de la maroquinerie, une artiste qui revalorise les tissus pour en faire d’autres vêtements ou encore la présentation de savons naturels faits à base d’algues.

D’un point de vue environnemental, que proposez-vous de plus que l’année dernière ?

On va pousser la démarche un peu plus loin. L’année dernière on pouvait trouver du plastique notamment pour la restauration. Cette année, on va remplacer les verres en plastique par des gobelets réutilisables et on va mettre en place un système de  vaisselle partagée. Les gens vont utiliser de la vaisselle en matériau dur pour faciliter le traitement des déchets liés à la restauration. On essaye de limiter au maximum notre impact. Cette écozone va aussi comporter une grande structure centrale qui permettra au fur et à mesure d’être remplie par les déchets du festival et des festivaliers pour se rendre compte des déchets que l’on produit.

Vous avez un partenaire avec Enercoop concernant votre alimentation d’énergie. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Enercoop produit de l’énergie renouvelable qui est captée par les éoliennes ou les panneaux solaires. Ce n’est pas de l’énergie fossile, c’est-à-dire qu’elle n’est pas produite à partir de centrales nucléaires ou de centrales électriques. Enercoop est notre fournisseur d’électricité à hauteur de 60%. Cela permet d’avoir une empreinte écologique bien moindre et une légitimité à parler d’un festival plus écoresponsable.

Vous avez organisé une conférence le 04 juin. Quel était son but ?

Lors de cette conférence, il y avait plusieurs personnes du monde associatif qui accordent une forte importance à l’écologie et qui étaient là pour échanger sur cette cause à laquelle elles sont déjà sensibilisées. Nous avons accueilli la représentante du collectif des festivals qui a abordé les nouvelles notions et règles appliquées dans les festivals en termes d’écologie et d’environnement.

D’un point de vue organisationnel, comment est-ce que ce festival est préparé ?

Nous sommes une trentaine d’organisateurs, répartis sur différents pôles selon nos compétences et appétences : le pôle communication, programmation, technique, restauration, bénévole, environnement prévention, trésorerie, sécurité et animation. Ensuite, lors du festival nous avons entre 60 et 80 bénévoles. Cette année, le festival se déroule sur 3 jours et sur deux lieux différents : le sémaphore de Landéda, lieu principal du festival, pour les journées du vendredi et samedi. Le dimanche, le festival vous accueille aux jardins du centre Kaori. Le sémaphore permet d’accueillir 1200 personnes et les jardins de Kaori 500 personnes.

Cette année il y aura combien d’artistes ?

Cette année on compte plus de 20 artistes qui viennent de partout dans le monde. La programmation est plutôt multi-genre. On propose aussi de la musique acoustique avec notamment la formation TRANS KABAR, originaire de Guadeloupe. On a également de la musique maghrébine, du hip-hop et de la musique électronique avec des artistes qui viennent de Paris et également des artistes locaux.

Depuis que vous organisez ce festival, voyez-vous une évolution comportementale au sujet de l’environnement ?

Oui, au fur et à mesure on voit de plus en plus de gens sensibles à cette cause et qui instinctivement font disparaître certains réflexes comme jeter ses déchets par terre. De plus en plus, les gens récupèrent les déchets trouvés, et font attention à leur impact personnel. En Bretagne, la population est assez sensibilisée étant donné que l’on habite sur les côtes et que l’on voit les conséquences directes du déchet.

Est-ce que vous avez de nouveaux projets pour ce festival ?

Le premier objectif est de faire une 4ème édition. Même si on est bénéficiaire, chaque année se pose la question de savoir si on reconduit l’édition. On est tous bénévoles, avec un travail, amené à bouger, donc si certains postes stratégiques ne sont pas repris par d’autres personnes, le festival est mis en péril. On a aussi Radio Bongo, qui a pour but de faire la passerelle entre Brest et Landéda, autour de notre programmation. On a fait une première édition de Radio Bongo au Vauban le 22 février dernier qui a permis de convier des artistes qui étaient déjà venus sur le festival depuis qu’il existe.

Comment vous aide Finistère 2.9, la filière jeune du Crédit Agricole ?

Finistère 2.9 nous aide via des financements. Ils nous octroient un véritable avantage à être au Crédit Agricole. Finistère 2.9 nous aide également sur le plan communication et valorise notre festival. Faire appel à votre réseau nous donne une visibilité non négligeable étant donné la communauté qui vous suit.

Comment trouvez-vous les financements ?

Le plus gros de nos apports financiers est la billetterie. Il y a aussi les subventions qui nous aident et nos partenaires. Depuis cette année, nous sommes considérés comme un festival de taille moyenne avec la licence entrepreneur du spectacle. Egalement, nous avons quelques dons et mécènes.

Menez-vous des actions en dehors du festival ?

Cette année on a organisé un événement de collecte de déchets avec l’association Surf Rider, en amont du festival, le 21 avril dernier. Nous avons ramassé 21 kilos de déchets. Le 28 mai, on a aussi organisé une visite du centre de tri. Nous faisons vraiment au mieux pour protéger l’environnement via toutes nos actions.

L’équipe Finistère 2.9 remercie Horizons Open Sea pour son temps accordé. Bon festival à tous !

 

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