Gaston Morvan, une rencontre avec un skipper finistérien

0
134
Gaston Morvan

Allier sport de haut niveau et longues études, c’est possible ! A 23 ans, Gaston Morvan est un jeune skipper qui s’impose de plus en plus dans le monde de la voile. Rencontre avec cet étudiant au planning sportif bien rempli !

La voile : plus qu’un sport, une passion

Depuis quand fais-tu de la voile ? Comment/Pourquoi cette passion a commencé pour toi ?

Gaston Morvan : J’ai commencé à faire de l’optimist à 6 ans, dans le club de mon village. J’ai vite pris goût au sport mais aussi aux compétitions. Depuis tout petit j’ai suivi mon père skipper professionnel aux départs et arrivées des courses auxquelles il participait. C’est sans doute de là qu’est née ma passion pour ce sport et pour l’environnement marin.

Qu’est-ce qui t’as donné le goût de faire des compétitions ?

Gaston Morvan : J’ai toujours eu un esprit de compétiteur depuis tout petit.  C’est dans la compétition que je prends le plus de plaisir à être sur l’eau, je pense que c’est dans mes gènes !

Combien de compétitions fais-tu par an environ ?

Gaston Morvan : Aujourd’hui sur le circuit Figaro, le programme c’est  5 compétitions par an. C’est peu mais certaines courses comme la Solitaire du Figaro durent  1 mois et sont très chronophages. D’autres, sous forme de Grand Prix, ne durent que 5 jours, c’est assez aléatoire.

A quelle fréquence t’entraînes-tu et quels sont tes résultats actuellement ?

Gaston Morvan : On n’a pas de rythme d’entraînement très défini contrairement à d’autres sports. Les entraînements ont souvent lieu de Janvier à Avril avant la saison des courses. Ce sont des sessions de 4 jours de navigation, qui se déroulent au centre d’entrainement, à Port La Forêt.

En dehors des navigations on fait de la préparation physique mais aussi de la formation météo et d’autres formations théoriques. On s’occupe également de la préparation technique du bateau lorsque l’on ne s’entraîne pas.

Raconte-nous l’une de tes plus belles expériences en tant que skipper ?

Gaston Morvan :J’ai fait quelques beaux résultats quand je faisais de la voile olympique en laser pendant 6 années. J’étais en équipe de France « jeunes ». J’ai gagné le championnat de France et terminé 7ème du championnat du monde la même année.

J’ai commencé la course au large il y a un an. Mon plus beau souvenir c’est la victoire d’étape sur le Tour de Bretagne à St Malo cet été. C’était assez magique !

Et mon meilleur souvenir de navigation au large c’est cet été lors d’une course entre Gijón (Espagne) et Douarnenez. J’ai rencontré des baleines qui sont passées à 5 mètres du bateau c’était assez impressionnant et magnifique à voir.

Quels sont tes futurs projets et challenges dans ton sport ?

Gaston Morvan :Mon challenge du moment c’est de trouver des partenaires pour participer au circuit Figaro l’année prochaine. J’ai quelques bonnes pistes mais aujourd’hui rien de réellement abouti.

Je devrais normalement participer à la transat AG2R cela va être ma première traversée de l’Atlantique c’est un beau challenge.

Une double casquette : jongler entre sa vie de sportif et d’étudiant

Tu es étudiant en master marketing en même temps que sportif de haut niveau. Comment allies-tu les deux ?

Gaston Morvan :J’ai la chance d’avoir commencé le sport-études depuis le lycée, c’est donc un rythme que je connais bien. Après ce n’est jamais évident de concilier les deux cela demande une réelle organisation et une gestion des priorités.

J’ai la chance d’être à l’IAE de Brest et d’être très bien entouré. La scolarité m’aide beaucoup dans l’organisation de mon emploi du temps, dans l’organisation de mes examens. J’ai l’autorisation de m’absenter lors des entraînements et des compétitions. Je dois tout de même fournir le même travail que les autres étudiants.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres par rapport à ta double casquette ?

Gaston Morvan :Les difficultés  sont nombreuses. La principale c’est d’organiser son temps entre les études et le sport et de gérer ses priorités. C’est souvent la guerre pour trouver du temps !

Pourquoi as-tu souhaité faire des études et non pas te consacrer à ta carrière de sportif ?

Gaston Morvan :Les risques de se lancer dans une carrière sportive après le baccalauréat sont vraiment très importants. Il y a beaucoup trop d’aléatoires dans une carrière sportive en voile pour s’y consacrer pleinement sans passer par l’étape études.

Aujourd’hui avoir un master en marketing, cela me donne de la crédibilité face à des sponsors et des partenaires.  En effet, j’ai  des compétences en management et en gestion, c’est vraiment précieux pour gérer un projet voile dans sa globalité.

As-tu déjà envisagé d’arrêter les compétitions pour te consacrer à tes études ?

Gaston Morvan :J’ai dû l’envisager une ou deux fois après mon baccalauréat. Mais ma mère était derrière moi pour me remettre sur le bon chemin !

Comment tu envisages ton avenir professionnel ?

Gaston Morvan :J’aimerais être coureur au large, en faire mon métier. J’aimerais gérer mon projet voile et naviguer sous les couleurs d’un sponsor.

Aujourd’hui être skipper c’est gérer une entreprise. Certains skippers, comme François Gabart, gèrent des entreprises avec plus de 40 salariés autour des projets-voile.

Je voudrais donc devenir skipper/chef d’entreprise dans les prochaines années.

Que conseilles-tu aux jeunes qui souhaitent faire des études en même temps qu’un sport à haut niveau ?

Gaston Morvan : De s’engager pleinement dans le sport mais de ne pas oublier d’y allier les études. C’est vraiment important de concilier les deux. Le fait d’avoir un diplôme en études supérieures, cela donne confiance en ses projets.  Ce n’est que du positif dans son sport ! Cela permet de pratiquer son sport sans se poser de questions et d’être plus libéré.

C’est aussi important de bien s’entourer et de travailler avec des personnes qui ont la même vision que soi.