Le métier de parfumeur : comment devenir nez ?

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Le métier de parfumeur ou comment devenir nez
Percez les mystères du métier de parfumeur

Le métier de parfumeur et le parcours d’une élève de l’école de Grasse dévoilé par Fanny Ginolin.

Vous vous interrogez sur votre avenir ? Et si vous découvrez un nouveau métier : celui de la parfumerie !

« Le parfum est la forme la plus intense du souvenir » – Jean-Paul Guerlain (parfumeur Guerlain)

« Une évidence. » Telle est la raison qui a poussé Fanny Gionlin à se porter candidate pour l’école supérieure du parfum, unique au monde : Grasse. « Je n’avais pas vraiment conscience de l’existence de ce métier avant de me pencher sur mon orientation post-bac. Mais cela a finalement toujours été une évidence. »

Il existerait seulement 500 nez à travers le monde et moins d’une centaine en France,. (Selon l’ISIPCA (Institut Supérieur International du Parfum de la Cosmétique et de l’Aromatique Alimentaire)). C’est pourquoi, avant de s’engager dans la voie de la parfumerie, « il faut avoir conscience que le chemin est long. » Il faut en moyenne une dizaine d’expériences avant de pouvoir prétendre au titre de parfumeur. En effet, contrairement aux musiciens qui naissent avec l’oreille absolue, les nez absolus n’existent pas. Nous naissons tous avec les mêmes capacités olfactives. Cependant, notre mémoire olfactive se construit entre l’âge de 0 ans et 18 ans. C’est pourquoi, selon Fanny, « il faut être passionné. De plus, il faut vouloir partager sa passion, sa créativité et son rêve de parfumeur. Enfin, il faut également avoir une sensibilité supplémentaire ».

Métier de parfumeur

Les mystères du métier de parfumeur 

Le métier de parfumeur est le fait de « savoir manipuler les matières. Créer des accords. Comprendre comment les associer afin de transmettre des émotions, des souvenirs ». Par ailleurs, nous distinguons la parfumerie fine (luxe) de la parfumerie fonctionnelle (grande distribution).

Est-il préférable d’employer la notion de « nez » ou de « parfumeur » ? Nous avons la réponse de Fanny : « Le terme de « Nez » est intéressant lorsque l’on parle d’un nouveau parfumeur, d’un nouveau « nez » (né). Cependant, je pense qu’il peut être réducteur pour un parfumeur expérimenté. En effet, le nez est en fait notre principal outil de travail. De ce fait, cela nous réduit donc à l’outil que nous utilisons et non à la finalité que l’on obtient avec celui-ci. Je préfère donc employer le terme de « Parfumeur ».

« Toute œuvre est un autoportrait de son auteur » – François Demachy (parfumeur Dior)

Fanny puise son inspiration dans la nature, son quotidien, ses souvenirs de voyage, dans la photographie, les images et les textes. Ainsi, le résultat final n’est autre que l’autoportrait du parfumeur.

Après avoir beaucoup appris en autonomie, Fanny a eu l’opportunité de montrer ses capacités et sa fibre créative lors du concours Corpo 35, sur le thème « L’impressionnisme et la Rose ». Elle a obtenu avec succès le prix de l’influence grâce à son parfum nommé « Perception ». « C’est d’autant plus incroyable que je vais avoir la chance de voir mon parfum être mis en flacon et commercialisé. »

L’artiste et le chimiste, un couple à l’expérience sensorielle

La chimie est l’une des étapes clé indispensable à la conception d’un parfum. « Sans elle, nous n’aurions pas la possibilité d’extraire les matières premières naturelles. »

Fanny explique : « lors de la création du parfum, l’assemblage des matières donne lieu à des réactions chimiques, c’est là que la partie chimie intervient. L’évolution dans le temps du parfum et des matières est aussi de l’ordre chimique, on appelle cela le long-lasting ou la ténacité. »

Par ailleurs, être parfumeur, c’est aussi savoir composer avec les exigences des clients et la réglementation.

Devenir parfumeur L’élue de l’école de Grasse : dans la lignée de François Demachy, Edmond Roudniska et Quentin Bish

Actuellement au début de son apprentissage et de sa formation au GIP (Grasse Institute of Perfumery), Fanny a suivi un parcours prometteur.

« La chimie étant étroitement liée à la parfumerie, j’ai d’abord intégré un IUT Chimie. Puis j’ai suivis une Licence chimie dans le but d’accéder à un Master spécialisé. Pour mieux comprendre la source et le mécanisme des odeurs, j’ai intégré le Master Chimie ARPAC (Arôme, Parfum, Cosmétique) de l’université du Havre. Enfin, j’ai souhaité intégrer le GIP pour développer davantage mon odorat, et évidemment apprendre les fondamentaux de la formulation et l’art de la composition. »

La sélection pour intégrer l’école de Grasse est rude. En effet, il y a seulement 12 places à l’échelle mondiale. Fanny fait partie des deux Françaises qui a eu la chance de pouvoir suivre ces enseignements. Ces dernier lui permettent de découvrir les dessous et les mystères de la parfumerie. Elle nous dévoile son petit secret pour espérer rejoindre cette école de renom : « Il faut être passionné, persévérant, patient, attentif, curieux, ambitieux, créatif, imaginatif. »

Son avenir est déjà bien tracé, elle compte bien le poursuivre en devenant parfumeur junior. Elle souhaite continuer son apprentissage auprès de parfumeurs confirmés.

Vous voulez en apprendre davantage sur le métier de parfumeur et suivre le parcours et l’aventure parfumée de Fanny ? Rendez-vous sur son compte Instagram : fanny_ginolin_fragrances !