Les vaches de Lesvenez : une exploitation locale en pleine croissance

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Depuis 2015, Ophélie Le Goff accompagne son père, Jean-François Le Bot, dans son exploitation agricole, les vaches de Lesvenez, qui a vu le jour en 1987. L’élevage compte désormais 123 truies, 55 vaches en race prim’holstein et 15 génisses jersiaises. En tout, il y a 70 vaches. Accompagnée par la Fabrik 2.9, Ophélie nous livre son expérience et ses divers projets au sein de l’exploitation.

Les vaches de LesvenezUne passion familiale mais aussi personnelle

Ophélie s’est lancée aux côtés de son père après plusieurs années où elle cherchait ce qu’elle aimerait faire. « J’ai fait un cursus classique au lycée  suivi d’une fac d’économie. Je me suis rendu compte assez rapidement que ça ne correspondait pas du tout à ce que je voulais faire plus tard. La question s’est alors posé de savoir vers quoi me tourner. Comme la ferme me plaisait je suis partie faire un BTS production animale et j’ai vraiment adoré. Par la suite j’ai intégré une école d’ingénieurs agro. La dernière année de mes études, mes stages m’ont conforté à l’idée que je ne voulais pas réaliser un travail qui m’obligeait à être derrière un bureau donc j’ai décidé de m’installer sur la ferme de mon père, avec son accord ».

Une ferme grandissante

Avant l’arrivée de sa fille, Jean-François Le Bot avait déjà un salarié qui est toujours présent actuellement. Depuis décembre 2016, le mari d’Ophélie a rejoint l’équipe en tant que porcher. Pâtissier-boulanger de formation, il a fait une reconversion professionnelle et apporte une grande aide au sein de l’exploitation notamment pour les livraisons, les glaces et la porcherie. Depuis septembre 2017, un nouveau salarié aide Ophélie au niveau du laboratoire.

Une agriculture raisonnée

L’exploitation « Les vaches de Lesvenez » ne produit pas une agriculture biologique mais plutôt une agriculture raisonnée.  « On essaye d’avoir les meilleures pratiques possibles et de se rapprocher le plus possible d’une agriculture biologique. Lorsque les animaux sont malades, on utilise de l’homéopathie animalière pour les soigner ». L’exploitation mise sur la transparence qu’elle accorde à tous ses clients : « Ceux qui veulent venir visiter peuvent le faire, que ce soit des particuliers ou professionnels. Nous expliquons avec transparence comment nous travaillons. Notre manière d’élever les animaux plait et les gens sont convaincus de leur bien-être et de la qualité de nos produits ».

Des nouveautés au sein de l’exploitation

Depuis juin 2016, un laboratoire de transformation laitière ainsi qu’un magasin de vente directe ont vu le jour. Le magasin de vente se trouve à la ferme et est ouvert sur 4 créneaux de 2h par semaine.  Le laboratoire transforme une partie de la production de lait en beurre, crème, fromage blanc, yaourt, et depuis un an en fromage affiné. Le fromage à raclette a été lancé cet hiver et sera renouvelé l’hiver prochain. C’est d’ailleurs dès le mois de juin que la production sera relancée pour pouvoir proposer du fromage à raclette en octobre. En effet, il faut 4 mois d’affinage pour ce fromage-là. Egalement, Ophélie propose deux nouveaux parfums en sorbet et en glace pour cet été.

Une journée type à la ferme  : Les vaches de Lesvenez

L’équipe commence généralement la journée vers 8h avec la traite, l’alimentation et les soins des animaux, notamment les porcs. Il faut vérifier que tout le monde va bien. A 9h30, l’équipe se retrouve pour faire le point sur la journée. Par la suite, tout le monde retourne à ses tâches ; sortir les vaches, redonner à manger à tout le monde, aller en porcherie s’il y a des inséminations, des sevrages… Au laboratoire, un planning journalier est respecté avec un produit différent à réaliser par jour.

Les difficultés rencontrées dans une exploitation telle que Les vaches de Lesvenez ?

Les horaires sont parfois compliqués ; à Noël mais aussi l’été, les horaires sont à rallonge. Egalement, c’est difficile de combiner travail et vie de famille. « Avoir des enfants demande du temps, des concessions et de l’attention, mais travailler à la ferme en demande tout autant. L’objectif est d’arriver à s’octroyer une semaine de vacances par an et une après-midi de pause dédiée à mes enfants et à moi-même pour ne pas tomber dans l’excès et le surplus de travail. »

La distribution

La ferme travaille avec 3 GMS et une 4ème est bientôt à l’ordre du jour. Le travail principal se fait néanmoins avec les collectivités, les restaurants, et l’épicerie fine. Quelques marchés ponctuels à la ferme ou lors de la période de Noël viennent s’ajouter à cette liste de temps à autre.

Les futurs objectifs

Ophélie envisage d’être davantage présente sur les réseaux sociaux et sur internet de façon globale. « Finistère 2.9 nous accompagne d’un point de vue digital, communication et graphisme au sein de l’incubateur La Fabrik2.9. Nous travaillons ensemble pour créer un site internet et réaliser un nouveau logo. Egalement, Finistère 2.9 repense toutes nos affiches de communication et nos flyers pour proposer quelque chose de plus attrayant. L’idée est de revoir totalement notre charte graphique ».

Et après …

Ophélie envisage aussi d’augmenter l’exploitation ou d’en créer une deuxième : « il est évident qu’à long terme il faudra repenser à nouveau la ferme, essayer de se tourner encore plus vers la vente directe si possible au niveau des cochons. J’aimerais aussi un magasin de producteur à l’avenir, mais chaque chose en son temps. Le premier objectif reste d’asseoir le positionnement que l’on a ».  En effet, Ophélie était partie sur un prévisionnel de 20 000L de lait, mais c’est 100 000L qui sont réellement produits, ce qui est beaucoup plus élevé.  « Il faut vraiment faire attention à garder la qualité de nos produits. Certains exploitants ont dégradé leur qualité à cause d’un surplus de production. Je veux faire très attention à cela. Mon implication ainsi que celle de mon mari au sein de l’exploitation est assez récente, il faut d’abord prendre nos marques avant de penser à agrandir, même si c’est un projet que nous gardons en tête. ».