Renc’Arts Hip-Hop 2016: les Tremplins départementaux au Mac Orlan

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Renc'Arts Hip-Hop

Ce samedi 12 Mars, le coup d’envoi des Renc’Arts Hip Hop 2016 a été donné avec les Tremplins Départementaux organisés sur la scène du Mac Orlan.
La 19ème édition de ce festival brestois dédié aux cultures urbaines promet cette année encore une programmation riche et variée : musique, danse, graff’, spectacles…
En ce premier jour des Renc’Arts Hip-Hop, le rendez-vous était donné avec le Jury de ces Tremplins, à savoir Herwann Asseh (Compagnie Moral Soul) et Marie Houdin (Compagnie Engrenage).

– Comment pourrait-on décrire l’évènement que représente les Renc’Arts Hip-Hop à Brest ?

C’est un évènement qui avait une visée régionale mais qui est finalement resté très local, sauf pour le cas des Battles organisées à la Carène, qui avant étaient organisées au Fourneau (dans le cadre de la semaine des cultures urbaines). C’est resté très départemental.

– Quelle a été la progression de ce festival durant les 19 éditions qui se sont succédé?

L’évènement a pris de l’ampleur depuis huit ans environ, depuis la création de la Carène en fait.

-Y’a-t-il un public précis visé par cet évènement qui démarre aujourd’hui et qui va durer quinze jours ?

C’est très ouvert sauf qu’il reste peut-être encore la connotation « Hip-Hop » et malheureusement le hip-hop garde encore ce cliché de jeunes alors que sincèrement ça ne l’est pas seulement.
C’est assez ouvert car les Renc’Arts proposent justement des aspects différents des cultures hip-hop. Un spectacle ne touche pas le même public qu’une battle, qui ne touche pas non plus le même public qu’un tremplin de danse amateur et qui ne touche pas le même public qu’une démo de graff’.
En fonction des évènements, on touchera un public vraiment hip-hop, amateur de cette culture, mais on parviendra aussi à toucher un public plus familial.

– Que représentent pour vous les Renc’Arts Hip-Hop ?

Un tremplin de danse amateur c’est toujours l’occasion de voir au niveau local des jeunes danseurs, c’est toujours intéressant parce que les générations se succèdent, ce ne sont pas les mêmes, ils n’écoutent pas forcément les mêmes musiques et ils n’ont pas la même manière de prendre la danse. Au fil du temps, les raisons pour lesquelles on danse et pourquoi on pratique les danses hip-hop évoluent aussi.
Pour une compagnie comme la notre (Engrenage), c’est toujours intéressant de sortir de notre ville et d’aller voir ailleurs ce qui se fait, où ça en est.

– Quel est l’objectif de ces tremplins que vous allez juger aujourd’hui ? Quelle est la « récompense » accordée aux meilleurs ?

La récompense est de revenir jouer dans le cadre des Renc’Arts mais cette fois à La Carène lors de la soirée Battle.
En principe il y aura 4  groupes qui seront sélectionnés pour les tremplins départementaux et 3 groupes pour les tremplins régionaux mais on peut aussi avoir un coup de cœur supplémentaire, si on arrive à se mettre d’accord!

– Qui sont les jeunes qui se présentent aux Tremplins des Renc’Arts Hip-Hop ?

Il y a un peu de tout, c’est assez homogène. Il y a des petits, il y a des grands, il y a un groupe adulte (des Mamans !) et puis il y en a qui ont huit ans. Ces tremplins c’est un peu leur objectif de l’année mais qui est différent d’un spectacle car il intervient en plein milieu de saison.

– Herwann, vous êtes à la tête de la Compagnie Moral Soul depuis sa création en 1999, quelle est votre actualité du moment?

On avait une grosse actualité mais ça c’était avant que je me blesse… Du coup je me fais remplacer et le projet continue. On est actuellement sur un spectacle de rue, une trilogie. Le premier spectacle s’appelle DU-ALL et parle des rapports Homme-Femme, la suite s’intitule Manibus et est basée sur l’identité Homme-Femme, le rapport à la main et enfin F(H)emmes, l’évolution de l’homme et de la femme dans le futur par rapport à la froideur de la machine.
On présente le spectacle au niveau national et international, on a des dates en Espagne, en Suisse et peut-être même au Japon.
En parallèle on a aussi ouvert un centre de création artistique dans la gare du Relecq-Kerhuon, c’est vraiment un lieu atypique dédié à l’accueil d’artistes. Il y a un côté création/danse/cirque puisque on a une hauteur de 8m sous plafond. C’est un lieu que j’ai mis en place pour offrir aux artistes un endroit où ils peuvent venir travailler, passer du temps, réfléchir, se reposer, sans aucune obligation de restitution de projet. C’est vraiment un beau lieu que je prête avec plaisir.

– Marie, vous faites partie de la Compagnie Engrenage . Quelle est votre actualité du moment?

Au sein de la compagnie nous sommes deux chorégraphes, on a des signatures artistiques séparées du coup on alterne les créations. L’année dernière j’ai sorti un projet collectif avec dix musiciens et quatre danseurs pour la rue, un clin d’œil au phénomène Nouvelle Orléans. C’est un projet musical et dansé qui va recommencer à tourner au mois de mai.
Je viens de sortir un duo sur le répertoire des suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach avec une violoncelliste de l’orchestre de Bretagne. C’est sorti il y a une semaine, à voir ce que ça va donner!
En parallèle de ça, l’autre chorégraphe Franco est sur la préparation d’un duo qui doit sortir en août.
On porte aussi un festival qui s’appelle Le Funk prend les Rennes, qui est dédié aux cultures funk et à tout ce qu’elles peuvent englober et qui a lieu tous les deux ans (l’année prochaine donc).
À côté de tout ça, on collabore aussi sur des évènements ponctuels comme par exemple Fous de Danse à Rennes, qui est porté par le musée de la danse et le centre choréographique rennais. C’est toute une journée de danse gratuite en plein centre de Rennes pendant laquelle des danseurs de plusieurs villes sont invités à s’exprimer.

Un grand merci à Herwann et Marie pour le temps qu’ils m’ont accordé entre deux tremplins, j’ai passé un très bon moment en leur compagnie ainsi que durant le temps des représentations.

Bon Renc’Arts Hip-Hop à tous!