Jack Kerouac le beatnik breton

0
221

Depuis des jours, je suis plongée dans le récit fabuleux de Big Sur, écrit par Jack Kerouac. Fatigué de l’émulation des villes, de l’ivresse et du mouvement beatnik, Kerouac décide de se retirer dans une cabane au fin fond de la forêt californienne. Sa façon d’écrire vous entraîne, et vous donne envie de partager cette retraite avec lui. Loin de tout, ses journées consistent à vivre au rythme de la nature, à écrire assis sur la plage, sans personne pour vous déranger.

La « Beat Generation »

Le terme de la « Beat Generation » est utilisé pour la première fois par Kerouac en 1948. Il décrit son cercle d’amis avec qui il partage virées et déboires. Ce mouvement artistique marqua la libération de l’édition aux Etats Unis (certains artistes du mouvement étant homosexuels). Cela marqua également la libération sexuelle de la génération suivante. La Beat Generation a bousculé la société américaine. Il a inspiré les mouvements de mai 1968, l’opposition à la guerre du Vietnam, et les hippies de Woodstock.

Aussi, la Beat Generation a contribué à enrichir le mythe américain. Dans le roman le plus connu de Kerouac, Sur la Route, il conte de bout en bout sa traversée en stop à travers tous les Etats Unis. Cette découverte de nouveaux endroits, la soif de grands espaces et l’épopée vers l’ouest montrent que l’Amérique offre de belles possibilités d’aventures. Ce romain est également connu pour avoir été écrit d’un trait, en trois semaines, sur un rouleau papier de 36,50m de long.

Groeit é Breizh

Par ailleurs, la Bretagne revient souvent dans les textes de Jack Kerouac. Avec un nom pareil, vous vous en seriez doutés… Obsédé par ses origines armoricaines, il a entrepris en 1965 un voyage initiatique en Bretagne et particulièrement à Brest. « J’essayais de découvrir quelque chose sur mon ancienne famille. J’étais le premier Le Bris de Kervoac à remettre les pieds en France, au bout de deux cent dix ans, pour essayer d’y voir clair. J’avais prévu de me rendre en Bretagne puis ensuite en Cornouaille anglaise. ».

Cependant, ses recherches n’aboutissent pas. Il repart alors en Floride, où il s’éteindra quatre ans plus tard, sans connaître ses ancêtres. La raison est qu’il n’avait pas cherché avec le nom correct. En effet, celui qu’il cherchait comme Maurice-Louis Le Bris de Kervoach s’appelait en réalité Urbain-François Le Bihan de Kervoac. Fils d’un notable de Huelgoat frappé d’infamie après un vol, il s’était exilé en Nouvelle-France. Il y avait refait sa vie sous une identité quelque peu tronquée…

En définitive, Jack Kerouac conte sans détour ses soirées, ses déboires, l’ivresse qu’il tente d’échapper, l’adultère, les excès. Mais surtout, il raconte avec poésie ses voyages, la vie sur la route, la beauté des paysages. Il dépeint avec douceur les portraits de ses compagnons de vie. Il conte sa vie haute en couleurs, faite de péripéties, en toute sincérité.

En savoir plus : lien