Les Innocents : D’un Finistère à l’autre !

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17h40, le soleil tape sur la prairie de Landaoudec. Les Innocents montent sur scène. Ce groupe vous dit forcement quelque chose… Ne me dites pas non, vous connaissez tous « Colore », un des titres qu’ils ont chanté avec le public qui la connaissait par coeur !

Mais le saviez-vous, Les Innocents se sont séparés au début des années 2000 pour finalement se reformer 13 ans plus tard. Quand on leur demande d’où est venue la volonté de se reformer voilà ce qu’ils répondent : « Avant qu’il y ait une volonté, y a eu un truc un peu naturel. On s’est retrouvé assez vite après la séparation Jean-Chri et moi. On a pris le temps de se connaitre d’une manière différente de celle d’avant. Puisque avant on était partenaire de travail, c’était une autre relation, c’était se voir pour composer des chansons, partir en tournée, prendre des décisions… On a pris le temps de devenir un peu plus intimes, un peu plus amis… Puis après on a repris les guitares de temps en temps, pour certaines occasions, quand on nous invitait à chanter une chanson ici ou là. On a vite retrouvé la sensation que ça marchait bien nous deux avec des instruments. Après ça a pris beaucoup de temps entre cette sensation et le fait de se dire sérieusement on remonte le groupe. Le plus long ça a été de se dire, si on le fait comment on le fait. Finalement, ça a maturé très longtemps, le fait qu’on veuille le faire à deux, qu’on veuille faire une tournée avant un disque… On n’était sûr non plus de faire un disque. On a pris un manager et c’est lui a rendu un peu tout ça professionnel, parce que ça ne sortait jamais vraiment de la table d’apéro »

Vous vous demandez sûrement pourquoi ils ont décidé de s’appeler les innocents ? Alors rien avoir avec l’adjectif. Les chanteurs nous expliquent : « C’est de la très très très vieille histoire ancienne qui date de 30, 35 ans. C’était un peu la mode des noms en « Les » en France à cette époque-là. Le moment où les jeunes groupes de rock et de pop commençaient à chanter en français de façon un peu plus naturelle, donc beaucoup avait envie de s’appeler en « Les » un peu comme les anglais en « the ». Donc nous on était très très fans des « Clash », ils avaient donné un concert sous un faux nom pour éviter une émeute, sous le nom de « The innocent ». Donc c’est un petit clin d’oeil »

Pendant tout le début du concert, on entendait beaucoup de festivaliers réclamer une chanson… « L’autre Finistère », alors pourquoi cette chanson ? Pourquoi un autre Finistère alors qu’on en a déjà un et qu’il est vraiment génial ? Jean- Philippe Nataf nous raconte : « Vous vous avez celui-là, nous faut bien qu’on en ait un autre pour pouvoir s’évader de la même façon, parce que j’ai passé énormément de mes vacances d’été dans le Finistère Sud, gamin. J’aimais bien cette idée de fin de la terre, de bout du monde. On ne peut pas physiquement se téléporter, quand on a envie de s’évader on ne peut pas toujours… C’est une façon de parler d’un Finistère mental quand on veut se réfugier dans ses pensées, dans un sentiment par rapport à quelqu’un… Trouver un équivalent »

Avant de monter sur cette scène il le connaissait déjà le « Bout Du », enfin du moins de nom comme nous confie Jean-Philippe Nataf: « je le connaissais de nom, parce que l’on travaille souvent avec une violoncelliste qui vient de Crozon, et qui nous dit toujours « ouais pourquoi vous venez jamais à Crozon y a un super festival » et on en entend parler aussi par d’autres musiciens. » Ils ont fini par venir pour notre plus grand plaisir ! Pour le leur aussi, parce que les festivals ils aiment bien et ils s’amusent, comme le dit si bien Jean Christophe Urbain : « On s’ennuit moins en fait, parce qu’une tournée au bout de deux mois, c’est une tournée. On a calé nos décors… Un festival chaque jour ça n’a rien avoir, en bien ou en mal. Mais c’est vrai on peut se retrouver à jour une heure ou deux heures, de jour comme de nuit. » et puis c’est « cool » comme le rajoute Jean-Philippe Nataf « L’année j’ai rarement mes enfants avec moi et c’est rare que je rentre de la plage pour faire les balances. Ne serait-ce que ça c’est cool ! »

Les innocents : site web