La Cafetera Roja, fusion au Bout du Monde

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C’est en consultant la liste des artistes invités au Bout du Monde, quelques semaines avant le festival, que j’ai croisé pour la première fois le nom du groupe « La Cafetera Roja ». Si ce sont les origines espagnoles du nom (assez évidentes) qui m’ont d’abord interpellée, dès que j’en ai lu un peu plus sur ce groupe cosmopolite, je savais que je ne manquerai pas d’aller voir ça de près lors de leurs deux passages sur la scène Kermarrec.

Ils sont six musiciens originaires de France, d’Autriche et d’Espagne, ce qui donne à l’arrivée une sorte de cocktail musical, culturel et artistique très réussi. J’avais écouté quelques titres et j’avais hâte de voir ce que pouvait donner en direct ce mélange entre trip-hop, hip hop et musique latine. Ce samedi 1er Août au Bout du Monde, c’était mon grand coup de cœur musical du festival.

Grâce à Finistère 2.9, j’ai eu l’occasion de rencontrer Aurélia, Anton, Chloé, Fiti, Jean-Michel et Nicolas, les six membres qui composent ce groupe. L’interview s’est déroulée peu de temps après leur premier passage sur la scène Kermarrec.

De quelle façon pourriez-vous présenter rapidement votre groupe et les membres qui le composent ?

Alors nous c’est « La Cafetera Roja », on est un groupe qui s’est formé à Barcelone en 2008, on est six musiciens sur scène, on a batterie, violoncelle, clavier, basse, guitare électrique, voix féminine et rap.

Comment définir notre style… On nous dit souvent qu’on fait du rock trip-hop, on mélange beaucoup les styles alors c’est hyper difficile de mettre une étiquette. Il faut écouter !

C’est la première fois que vous venez au Bout du Monde, qu’avez-vous pensé de votre premier concert (Premier passage à 15h, deuxième à 21h)J’étais présente dès 15h et vous avez semblé déstabilisés par le peu de personnes présentes devant la scène à ce moment là.

Avec l’heure à laquelle on jouait en premier, on s’attendait un peu à ça ! En fin de compte, quand on a commencé à jouer ça s’est assez vite rempli et il y a quand même eu du monde. On est un peu habitués à tout, il faut être prêt pour ça aussi ! Il arrive que l’on joue devant trois anciens et c’est comme ça, il faut assurer de la même façon!

Ça fait cinq ans qu’on joue alors c’est normal. On commence d’abord par les petites salles avant d’arriver aux festivals. Pour nous, qu’il y ait 3 ou 300 personnes, c’est la même chose. Ce soir il y aura encore plus d’ambiance !

Votre groupe s’est donc formé à Barcelone. J’aimerais savoir de quelle façon cette ville a influencé votre musique ou encore les paroles de vos chansons ?

L’influence de Barcelone se retrouve certainement dans notre ouverture musicale. Il y a là-bas un mélange de cultures qui en fait une porte d’entrée à tous les styles. À Brest il n’y a pas ce genre de mélange ! En plus de ça, nous venons tous de pays différents et la musique que nous jouons n’est pas à l’image de ce que les gens imaginent d’un groupe formé à Barcelone.

Notre musique n’est pas spécialement orientée rumba ou latino, on se contente d’insérer ces genres par petites touches. Nous mélangeons les styles de musique de la même façon que nous mélangeons nos origines. Et puis il y a aussi dans notre musique une sorte de positivisme qui est probablement lié à notre vie barcelonaise.

Et le nom du groupe, « La Cafetera Roja », d’où vient-il ?

En fait l’explication est assez bête… On avait commencé à jouer mais on n’avait spécialement réfléchi à un nom pour le groupe. Un jour le patron d’un bar où l’on devait jouer nous a dit « Hey, pour le concert de la semaine prochaine, il me faut un nom pour vous annoncer sur l’affiche ».

C’était la première fois que l’on nous annonçait sur une affiche ! À ce moment là on était dans un bar près de La Poste, à la Barceloneta et il y avait derrière le comptoir une cafetière rouge. On lui a dit « Tiens, tu n’as qu’à mettre La Cafetera Roja » et c’est resté. Ça nous a plu, ça transmet une bonne dose d’énergie.

Les gens ont aimé alors voilà, on s’appelle comme ça !

 

Lorsque l’on parlait du style juste avant, on disait que vous aimiez les mélanges mais y’a-t-il un style en particulier qui domine sur le reste ?

En réalité pas vraiment. Il y a des styles que l’on ne touche pas parce qu’on ne les maîtrise pas, on ne fait pas de country par exemple ! Peut-être aussi parce que ça ne nous plaît pas vraiment…

On aime plusieurs styles et ce qui nous plaît est de les fusionner. Personnellement j’aime aller à un concert et voir que la première chanson n’a rien à voir avec la dernière, que ce soit comme un voyage. Avec « La Cafetera Roja », c’est un peu ce que l’on essaye de transmettre, que le temps d’un concert soit comme un voyage qui transporte notre public ici ou là.

L’endroit où vous jouez a-t-il une influence sur le choix des titres que vous mettez en avant ?

Le choix des titres que nous allons jouer dépend essentiellement du lieu où nous jouons, du type de festival et même de l’heure à laquelle nous jouons. Par exemple aujourd’hui on a décidé de jouer des morceaux qui bougent, un peu plus de rap que d’acoustique. Pour un festival comme celui-ci, on ne veut pas prendre de risque. Il faut réveiller les gens quand on joue à 15h, si on joue trop mou, ils vont commencer à discuter et là c’est l’horreur !

D’après ce que j’ai vu, vous allez rester encore un peu en Bretagne. Quels sont vos projets pour la suite?

Oui, il nous reste encore St Malo, Lannion et Belle-île. On est en tournée en France jusqu’à la fin de l’année et puis ensuite on verra…

Un grand merci à tous les six pour ce moment passé en votre compagnie et au plaisir de vous recroiser, au hasard des rues de Barcelone avec un peu de chance !