Lucie Belbeoch

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Vous n’êtes pas sans savoir que Brest est un vivier de champions, et plus particulièrement dans les sports nautiques. Lucie Belbeoch fait partie de ces champions, et nous avons eu la chance de lui poser quelques questions.

 

Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Lucie Belbeoch, j’ai 21 ans et je suis originaire de Bretagne.

Tu fais quoi dans la vie ?
Je suis sportive de haut niveau en planche à voile olympique, la RSX et également étudiante en économie.

Quel est ton sport ? Le RSX c’est quoi ?
Je pratique la RSX depuis maintenant 6 années. Il s’agit de la planche à voile olympique. C’est une planche de 220 litres et une voile de 8,5 m2. Toutes les concurrentes disposent du même matériel (en théorie car il y a beaucoup de différences entre les différentes séries de productions du matériel). Quelles que soient les conditions météorologiques, le matériel reste le même. Les compétitions se déroulent sur 5 à 6 jours. Chaque jour, nous courrons 2 ou 3 courses. Les courses durent environ 30 minutes. Il y a un départ commun avec toutes les concurrentes, un parcours à réaliser et un classement est effectué pour chaque course. A la fin de la semaine, celle qui possède le moins de points remporte l’épreuve.

A quel âge as-tu commencé ?
J’ai commencé la planche à voile en initiation à l’âge de 11 ans, au club des crocodiles de l’Elorn. Puis je suis entrée dans la filière compétition départementale, puis régionale, nationale et enfin en Pôle France Voile.

Pourquoi t’es-tu dirigée vers ce sport ?
Habitant à Brest, je n’ai pu échapper aux activités nautiques. Mon grand frère, Christophe, était déjà mordu de planche à voile et m’a transmis rapidement le virus.

Comment aménages-tu ton emploi du temps ?
Après avoir obtenu un baccalauréat économique et social dans un lycée sport-études j’ai souhaité poursuivre dans cette voie. J’ai intégré l’Université de Bretagne Occidentale afin d’obtenir une licence d’économie et de gestion. L’UBO permet aux sportifs de haut niveau de poursuivre leurs études tout en ayant du temps libre pour pouvoir s’entraîner. J’ai donc pu obtenir mon diplôme en toute sérénité grâce à des aménagements horaires.

En septembre prochain je vais entrer à l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris avec un système similaire, me permettant de m’entraîner en fin de semaine.

Comment vas-tu poursuivre l’entraînement une fois que tu seras en études à Paris ?
Une fois à Paris, à l’ESCP, je compte aménager mes 2 années de master en 3 années. J’aurai cours du lundi au mercredi et ensuite je serai disponible le reste de la semaine pour m’entraîner dans l’un des 3 pôles France (Brest, La Rochelle et Marseille).

Tu pratiques d’autres sports ? 
En complément de la RSX, je travaille pour développer ma musculature et mon cœur. Je cours beaucoup, s’y ajoute de la musculation, du rameur et du vélo de route. Aussi, dès qu’il est possible je navigue sur d’autres supports de planche à voile comme le slalom ou le foil.

On doit souvent te demander mais as-tu un lien de famille avec Patrice / Thierry / Cédric Belbéoc’h ?

Oui c’est assez récurrent. Tous les éléments font penser que nous faisons partie de la même famille. Ce n’est pas totalement faux mais nous ne passons pas les repas de famille ensemble.

Quelles sont tes prochaines dates clefs ?
La prochaine grosse échéance est en septembre à Enoshima, près de Tokyo au Japon. Il s’agit là de l’objectif de l’année : le championnat du Monde 2017. De plus, il me permettra de prendre mes premières marques sur le site des Jeux Olympiques en 2020. Pour me préparer au mieux, mon été est rythmé en périodes d’entraînements et de compétitions. Début août je me rends au Danemark afin de jauger mon niveau par rapport à la flotte internationale.

Es-tu sélectionnée pour Tokyo ?
Les sélections pour les Jeux Olympiques auront lieu en 2019, d’ici là il y aura plusieurs grandes échéances. Une seule femme sera sélectionnée pour représenter la France en planche à voile.

Quels sont tes objectifs à court terme / moyen terme / long terme ?
A court terme, je souhaiterais entrer à nouveau dans le top 10 mondial lors du Test Event du Danemark début août.

A moyen terme, je vise à entrer en équipe de France lors du championnat du Monde d’Enoshima en septembre.

Et enfin à long terme, une médaille aux JO ne serait pas de refus !

L’endroit où tu préfères naviguer
Mon spot préféré, sans originalité, reste la rade de Brest où j’ai tout appris. Les reliefs me plaisent, les courants sont changeants, les couleurs sont belles et il y a toujours du monde à l’eau.

Le matériel sur lequel tu préfères naviguer
Découverte plutôt récente, le foil. Cette capacité à naviguer au-dessus de l’eau me fait vibrer ! Les sensations de vitesse, de liberté et de glisse sont décuplées.

Ton rituel avant de naviguer en compétition
Je n’ai pas vraiment de rituel avant de naviguer en compétition car loin de moi l’idée d’être superstitieuse. En revanche, j’ai une certaine routine de préparation, de vérification de mon matériel et d’échauffement.

Tu penses à quelque chose quand tu es sur ta planche ?
Les entraînements et compétitions nous forment à ne penser que régate, vitesse, parcours, adversaires. Mais quelques fois l’esprit divague. L’idée est de rester concentrée un maximum pour être en pleine conscience de tous mes actes.

Eaux chaudes ou eaux froides ?
Je me sens plus à l’aise dans des eaux froides d’Atlantique qu’en Méditerranée par exemple. Pour le moment j’ai plus de connaissances du clapot d’Atlantique. Aussi, les eaux chaudes ont tendance à faire souffrir mes mains, comme lors du championnat du monde 2015 à Oman.

Quel regard portes-tu sur ton palmarès ?
Lorsque je regarde mon palmarès, je me dis que j’ai bien su profiter de ma période « Jeunes » pour apprendre à naviguer devant. La marche à franchir en catégorie seniors est très importante. Cependant mon palmarès est en forte progression cette saison. Le résultat d’un investissement conséquent cet hiver, où j’ai beaucoup voyagé sur Marseille pour m’entraîner avec le groupe potentiel aux JO de 2020. Aussi, cette saison j’ai participé à huit compétitions internationales, ce qui m’a permis d’acquérir de l’expérience.

Un message à faire passer ?
« Certains veulent que cela se produise, d’autres souhaiteraient que cela se produise et quelques-uns font que cela se produise » Michael Jordan

Quelque chose à ajouter ?
La RSX est un sport à matériel coûteux, je suis donc à la recherche de partenaires qui pourraient m’aider à atteindre la médaille olympique.

 

Si vous désirez en savoir plus, et prendre contact avec elle, faites un tour sur son site : 

Lucie bénéficie de l’accompagnement FABRIK 2.9. Nous la soutenons dans son projet sportif. Nous avons, entre autres, réalisé son site internet, et faisons la promotion de son sport.